CAN YOU BE ME ?

conception, chorégraphie: vidal bini

performance, chorégraphie: johanna chemnitz, kathryn rave
performance, photographie: candice milon

lumières, scénographie: renaud rubiano
son: olivier meyer, geoffrey sorgius
logiciel: didascalie.net
production: khz

soutien à la production: la filature, scène nationale mulhouse
coproduction: ville de strasbourg, ministère de la culture et de la communication, D.R.A.C alsace, DICRéAM, le grand jeu, ballet de l’opéra national du rhin ( dans le cadre de l’accueil-studio )
co-réalisation: théâtre du marché aux grains, dock 11 berlin

Vidal Bini / KHZ :
        Aujourd'hui, nous pouvons explorer le corps humain jusqu'au cœur de sa matière. pourtant notre époque nous éloigne de plus en plus d'une évidence humaine, c'est avec notre corps que nous percevons le monde, et c'est notre corps qui est perçu par le monde.
c'est avec notre corps que nous pensons, sentons, rions, touchons, échangeons avec les autres. il est le territoire dans lequel naissent nos émotions, circulent nos énergies et il est aussi la matière de notre expérience. 
alors, pouvons-nous dissocier corps, émotions, images, énergies pour les explorer séparément?
peut-être, à travers la création d'un protocole:
“can you be me?“, trois performers, trois femmes; deux danseuses et une photographe.
chacune de ces femmes doit rassembler ses “paramètres personnels“ ( goûts musicaux, vestimentaires, attractions humaines, etc... ). ces éléments sont ensuite repartis entre elles trois, l'une étant le corps, l'autre l'image sociale et la troisième l'esprit.
la photographie est l'outil visuel de cette dé-construction de l'individu. elle explore le corps intime ( macro-photographie ), le corps social ( celui qui interagit avec d'autres corps, exposés dans la même image ), et l'esprit, la dimension cachée du corps ( par le flou de mouvement qui en efface les contours pour ne garder qu'une trace dans l'espace ).
et pour chorégraphier ce protocole, qui se répétera trois fois ( chaque fois dans l'univers de l'une d'entre elles ), c'est l'empathie qui est la clef. ce sentiment, cette émotion de se sentir à la place de l'autre, avec lui, à l'intérieur de lui. suivre son mouvement, le capter, le reproduire, le transformer. 
à travers ces échanges, elles cherchent la dissolution de leurs appréhensions physiques, sociales et culturelles. et elles cherchent un accès direct à l'autre et au monde, physique, intense, débarrassé du jugement, et libéré du théâtre.